20 Jan 2018

Chambre d’agriculture de Franche-Comté

Un élevage valorisé par ses marques qualité et une dynamique industrielle forte. Un élevage valorisé par ses marques qualité et une dynamique industrielle forte.
Publié dans Régions
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L’élevage bovin est largement dominant en Franche-Comté. Majoritairement représenté par les vaches allaitantes en raison de la forte de demande d’une industrie de transformation du lait dynamique, il est également réputé pour la qualité de sa viande. Ce sont ces qualité, ainsi que les moyens mis en œuvre pour en défendre l’image et la pérennité, que détaille Michel Renevier, Président de la Chambre régionale d’Agriculture de Franche-Comté.

Agriculture Internationale - Estimez-vous que votre filière bovine bénéficie d’une  dynamique suffisante pour s’imposer au côté d’autres productions françaises de qualité ?

Michel RenevierMichel RenevierMichel Renevier - La race Montbéliarde est une race mixte à vocation laitière. Elle bénéficie d’une dynamique importante dans le domaine de la génétique et connaît pour cela un beau succès à l’export, notamment avec la vente de paillettes vers les Etats-Unis principalement, mais également avec la vente de génisses portantes vers le Maghreb. Cette dynamique pourrait encore s renforcer par une collaboration accrue entre les deux unités de sélection Umotest et Jura Bétail. En matière de valorisation bouchère, la viande de race Montbéliarde est favorisée par des démarches telles que Montbéliarde Qualité et une démarche récente, avec la marque Bœuf Comtois.

Par contre, nous souffrons en Franche-Comté d’un manque d’ateliers d’engraissement spécialisés et d’une trop faible proportion d’abattage en région, puisque nous n’y abattons que 21% des animaux commercialisés.

A.I. - La marque « Bœuf Comtois », lancée cette année, a-t-elle déjà permis à la filière d’enregistrer un impact positif, en termes de dynamique de production et de commercialisation ?

M.R. -  Par son origine locale, la marque Bœuf Comtois a incontestablement bénéficié du trouble provoqué par l’affaire des lasagnes, qui a incité deux artisans bouchers et deux enseigne de distribution (Systéme U et Cora) à s’engager dans cette démarche. Afin d’asseoir la notoriété de la marque, une campagne de communication est prévue prochainement sur la chaîne de télévision France 3.

A.I. - Quels sont les points les plus significatifs du cahier des charges liés à cette marque ?

M.R. -  Il s’agit d’une déclinaison d’un cahier des charges de l’interprofession Interbev, indiquant « Né, élevé et abattu en Franche-Comté » et certifiant que les élevages adhèrent à

la charte des bonnes pratiques en élevage, qui concerne à la fois l’état sanitaire, l’alimentation, l’environnement, la gestion des effluents, etc.. En Franche-Comté, plus des 2/3 des exploitations adhèrent à cette charte.

Comte fromageA.I. - Quelles mesures seraient selon vous nécessaires afin d’empêcher que se reproduisent les  affaires qui ont récemment altéré l’image de la qualité de la viande auprès des consommateurs ?

M.R. - Les affaires évoquées ne relèvent que de la tromperie économique, sans aucun rapport avec la qualité des produits. Les remèdes sont bien sûr la traçabilité, mais surtout l’information sur l’origine des composants des produits transformés et un renforcement des contrôles par la DGCCRF*. Cela peut aussi commencer par de l’autocontrôle de la part des entreprises.

Par ailleurs, favoriser l’approvisionnement local est de nature à réduire fortement la suspicion des consommateurs. Cela étant, il est clair que plus le produit est transformé et plus il est difficile d’obtenir la traçabilité de l’ensemble des composants du produit transformé. A minima, il faut que le composant principal ne soit pas sujet à caution.

A.I. - Quelles structures mises en place par l’industrie agroalimentaire franc-comtoise permettent aujourd’hui d’optimiser le potentiel de visibilité et de pénétration des marchés ?

M.R. - Un certain nombre d’opérateurs de la filière laitière sont entrés au capital d’entreprises de la région, afin de permettre une concertation régionale quant à la mise en marché et la commercialisation des productions sous signe officiel de qualité. Une autre structure collective a été mise en place : Coop Invest un fond d’investissement créé par les coopératives laitières et alimentées par les producteurs pour disposer d’une surface financière qui permette de prendre ds participations dans des entreprises défaillantes ou en développement et qui permet aussi aux producteurs d’être plus impliqués dans le capital des entreprises. L’organisation coopérative est très présente en Franche-Comté, en filière laitière, en filière céréalière et en filière bovine notamment, avec par exemple la reprise par la coopérative Franche-Comté Elevage d’un négociant de la place de Besançon, permettant ainsi de pérenniser l’abattoir et l’entreprise de découpe de viande bovine.

A.I. - Quelles sont aujourd’hui les productions franc-comtoises les mieux mises en valeur et celles qui connaissent le plus de succès à l’exportation ?

M.R. - Incontestablement, ce sont les productions sous signe officiel de qualité : Comté, Mont-d’Or, Morbier pour les productions fromagères AOP, saucisse de Morteau et salaisons du Haut-Doubs en IGP, les vins du Jura (AOP), la race Montbéliarde, ainsi que quelques marques d’entreprises, telle que la fromagerie Milleret avec l’Ortolan ou encore l’entreprise Peureux de Fougerolles et ses fameuses Griottines qui rencontrent un énorme succès à l’exportation.

soucisse de morteauA.I. - Quel est votre sentiment concernant la nouvelle organisation de l’APCA, qui institue un conseil d’administration dans lequel siègeront 2 représentants des régions comptant  plus de 3 chambres départementales?

M.R. - L’organisation qui est proposée autour d’un conseil d’administration devrait à mon sens permettre une plus grande implication des régions à un niveau décisionnel. Avec la précédente organisation, les départements et les régions étaient représentés lors des sessions par un bureau restreint. Avec la nouvelle organisation, l’ensemble des régions seront présentes à ces conseils d’administration, qui seront fondés à prendre des décisions.

(* Direction Générale de la Concurrence de la Consommation et de la Répression des Fraudes.)
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