20 Jan 2018
L’Autriche défend une agriculture à la fois familiale et orientée marché L’Autriche défend une agriculture à la fois familiale et orientée marché
Publié dans Régions
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L’éventail des productions agricoles de l’Autriche recouvre aussi bien les besoins nationaux que la demande à l’export. Cette agriculture diversifiée, forte des savoir-faire et de la grande motivation de ses exploitants, bénéficie d’un accompagnement particulièrement vigilant de la part des Chambres d’Agricultures, qui soutiennent tout autant la culture biologique, la vente directe ou les énergies renouvelables, qu’un changement structurel orienté vers le marché. Renforcer la compétitivité des exploitations demeure l’objectif majeur de Gerhard Wlodkowski, Président de la Chambre d’Agriculture d’Autriche.

Gerhard WlodkowskiGerhard WlodkowskiAgriculture Internationale - Quelles sont les principales ressources de l’agriculture autrichienne et de quelles productions soutenez-vous plus particulièrement la valorisation, tant au plan national qu’à l’export ?

Gerhard Wlodkowski - Nos principales ressources sont les connaissances et la motivation des agricultrices et des agriculteurs qui travaillent au sein d’exploitations agricoles familiales. Concernant la commercialisation, la politique agricole autrichienne soutient toutes les branches.

Pour ce qui est de l’exportation, l’accent est toutefois mis sur certains secteurs, à savoir les produits laitiers, notamment le fromage, en partie bio, la viande et les produits carnés et certains types de fruits et de légumes, tels que les pommes, les concombres, le chou chinois, les pommes de terre bio et les carottes bio.

A.I. - Les différentes filières sont-elles suffisamment structurées pour garantir en aval une valorisation optimale par l’industrie agroalimentaire ?

G.W. - L’Autriche dispose de petites structures dans tous les domaines. De ce fait, nous soutenons tous types de différenciation et de marketing ciblé.

A.I. - De quelle façon les Chambres d’Agriculture accompagnent-elles les producteurs, afin qu’ils puissent répondre aux critères nécessaires d’innovation et de compétitivité, sans perdre leurs objectifs de productivité, de qualité et de protection de l’environnement ?

G.W. - Une formation de base solide, des connaissances et une motivation de tous les jours, tel est le capital des agriculteurs autrichiens. Cela inclut un perfectionnement permanent axé sur les nouveaux produits, les nouveaux canaux de distribution ou les nouveaux groupes cibles. Les Chambres d’Agriculture transmettent des connaissances et soutiennent un changement structurel orienté vers le marché.

La formation continue et le perfectionnement sont assurés par l’Institut rural de formation continue, une institution propre à la Chambre d’Agriculture, des organisations d’agriculteurs et de jeunesse rurale ainsi que par des projets triés sur le volet. En outre, la Chambre d’Agriculture autrichienne soutient la vente directe de produits alimentaires, notamment grâce au dispositif « Gutes vom Bauernhof » (Les bons produits de la ferme) qui permet aux agriculteurs de vendre leurs produits eux-mêmes.

A.I. - L’agriculture biologique occupe une place importante en Autriche.  Quelles filières en font plus particulièrement l’objet ?

G.W. - L’agriculture biologique revêt une importance toute particulière pour les prairies. Par conséquent, l’Autriche a une part élevée de production laitière biologique. Le bio est également fortement présent dans l’agriculture (céréales,  de terre, légumes) ainsi que dans la production d’œufs.

Austria-plantA.I. - Quels sont les effets du fort développement des énergies renouvelables, permettent-elles notamment de réaliser des économies substantielles sur les coûts de production ?

G.W. - En Autriche, le développement des énergies renouvelables a des effets aussi positifs que variés pour l’agriculture et la sylviculture. Les avantages sont légion, allant de la création de nouveaux champs d’activités, secteurs économiques et canaux de distribution pour les matières premières, les produits et les sous-produits des agriculteurs et sylviculteurs locaux, à l’accroissement de la valeur ajoutée régionale grâce à la diminution des importations d’énergie fossile et la garantie de nombreux emplois dans des secteurs économiques situés en amont et en aval dans des zones rurales, en passant par l’entretien du paysage cultural et sa valorisation grâce aux cultures alternatives.

À l’échelle de l’exploitation individuelle, les énergies renouvelables peuvent permettre de réduire les coûts de production, si les agriculteurs utilisent, par exemple, des installations photovoltaïques pour leur consommation propre ou des huiles végétales comme carburant pour les véhicules agricoles, parallèlement à l’autoproduction de chaleur, une pratique largement répandue en Autriche (généralement réalisée avec des copeaux de bois ou des bûches). Ainsi, les achats complémentaires d’électricité et de carburant particulièrement onéreux peuvent être réduits ou, dans le meilleur des cas, largement remplacés.

A.I. - Comment les mesures préconisées par Bruxelles dans le cadre de la réforme de la PAC sont-elles globalement accueillies et qu’envisagent les Chambres d’Agriculture pour en accompagner la mise en œuvre ?

G.W. - Le développement rural constitue la pierre angulaire de la politique agricole autrichienne. En Autriche, le pilier 2 de la PAC est nettement plus accentué que les paiements directs, comparé à d’autres pays de l’Union européenne. L’Autriche a donc prêté une attention toute particulière à la préparation des négociations sur l’organisation et le financement du développement rural. La situation qui prévalait avant les négociations du trilogue laisse espérer qu’une politique agricole, qui soutienne les exploitations productrices tout en préservant l’environnement, puisse être poursuivie en dépit des réductions.

A.I. - Quels sont les missions et les principaux chantiers actuels de la Chambre d’Agriculture Autriche ?

G.W. - Pour prendre des décisions, les agriculteurs ont besoin de sécurité et de prévisibilité. L’Autriche souhaite donc que les négociations de la PAC se clôturent rapidement, car les programmes nationaux ne peuvent être établis que postérieurement. Une pression non négligeable plane d’ores et déjà sur l’adoption de ces décisions cruciales du fait de la réélection du Parlement autrichien en septembre 2013.

Parmi les autres priorités de cette année, citons les efforts déployés par Bruxelles et Vienne dans la conception d’un étiquetage plus transparent des denrées alimentaires, afin de protéger les consommateurs contre les tromperies. De plus, toutes les mesures nécessaires au passage sans accroc de la surface agricole au modèle régional des paiements directs de l’Union européenne sont mises en œuvre.

Les préparations communes des producteurs laitiers et des coopératives de transformation en vue de la fin prévisible des quotas laitiers sont également inscrites à l’ordre du jour.

Tous ces efforts ont pour but de renforcer la compétitivité des exploitations. Enfin, les prestations étendues des agriculteurs seront présentées publiquement dans le cadre de la « Semaine de l’agriculture » et largement relayées dans les médias.

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