28 May 2018
Andalousie, Eldorado méditerranéen de l’agriculture. Andalousie, Eldorado méditerranéen de l’agriculture.
Publié dans Régions
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L’Andalousie, seconde région la plus vaste d’Espagne, a été surnommée le jardin de l’Europe, en référence aux dizaines de milliers d’hectares qu’elle consacre aux cultures de fruits et de légumes et qui permettent à son agriculture de représenter à elle seule 25% de la production espagnole. Son ministre de l'Agriculture, de la Pêche et de l'Environnement, Luis Planas Puchades, s’en félicite et compte bien poursuivre son développement, tout en en maintenant des critères de production et de qualité qui répondent aussi bien aux réglementations européennes qu’aux attentes des consommateurs.

Luis Planas PuchadesLuis Planas PuchadesAgriculture Internationale - Quelles sont les lignes directrices de votre politique agricole et autour de quels choix majeurs l’avez-vous structurée ?

Luis Planas Puchades - L'Andalousie est une puissance agroalimentaire, non seulement grâce à son climat privilégié et à la diversité qui la caractérise, mais aussi parce qu’elle dispose d'un secteur productif moderne et compétitif. Les secteurs primaire et agroalimentaire représentent directement environ 8% du PIB andalou et 10% des emplois, qui génèrent plus de 23,8 milliards d'euro et 10 milliards en valeur ajoutée.

Nous avons des atouts que nous devons mettre à profit et par conséquent l'un des principaux objectifs est de continuer à faire progresser le leadership du secteur agroalimentaire andalou sur une plus grande échelle et à l’international, par la création d’emplois et  de valeur ajoutée.

Pour cela, il est essentiel de continuer à investir dans la recherche, le transfert technologique, l'innovation, la coopération et le dialogue avec les représentants des différents secteurs. Un autre objectif est également de rééquilibrer la chaîne de valeur alimentaire avec des règles pour éviter les abus et favoriser de bonnes pratiques commerciales.

A.I. - Comment, avec quels objectifs et quels moyens accompagnez-vous le développement des productions de votre région ?

L.P.P. - L'objectif principal est d' obtenir une production durable, de qualité, compétitive et dans ce sens, nos secteurs ont déjà accompli un long chemin. Nous sommes leaders dans la production biologique et intégrée. Nous avons le secteur primaire le plus puissant d'Espagne, qui fournit un quart de la production agricole du pays et un tiers de la valeur ajoutée, ce qui indique clairement  que nous disposons d’une agriculture et d’un élevage non seulement considérables par leurs volumes, mais aussi par leurs grandes qualités.

Pour que ces qualités se traduisent par une plus grande valeur pour l'Andalousie, il est impératif d'avoir un secteur bien dimensionné et de pratiquer une commercialisation intelligente, permettant de négocier plus facilement avec la grande distribution et d'ouvrir de nouveaux marchés; afin que nous, depuis le gouvernement andalou, nous impulsions la concentration de l'offre et la collaboration entre les entreprises. Nous devons continuer à investir dans des exploitations modernes, en améliorant la commercialisation et la transformation pour fournir un avantage concurrentiel et différencié, adapté au consommateur.

A.I. - Quelles sont les filières les mieux valorisées et celles qui connaissent le plus de succès à l’export ?

L.P.P. - Depuis l'Andalousie nous exportons pour près de 7 milliards d’euro par an de produits alimentaires, dont plus de 76% ont pour destination l'Union Européenne, mais de plus en plus, nous vendons à l'extérieur de l'aire communautaire. Pour améliorer notre position sur les marchés il est essentiel de souligner le travail de promotion par des expositions, des campagnes de publicité et d’autres activités de sensibilisation, menées à la fois par l'administration et par les agents sectoriels.

A.I. - Quelles productions andalouses bénéficient de labels de qualité ?

L.P.P. - La grande diversité produite sur notre territoire donne lieu à une grande variété d'aliments, qui reflète la richesse productive d'Andalousie. Nous avons plus d’appellations de qualité différenciées que toute autre communauté autonome : environ 60. Beaucoup de produits andalous sont appréciés dans le monde entier pour leur qualité et leur goût, dont par exemple l'huile d'olive, les tomates, les poivrons et les fraises, dont l'Andalousie est la première région exportatrice. Ils sont également connus pour fournir le plus haut niveau de sécurité grâce aux systèmes de contrôle de qualité rigoureux et  la traçabilité mis en œuvre en Andalousie.

A.I. - Votre position de leader européen sur le marché des fruits et légumes vous a valu le surnom de Jardin de l'Europe. Êtes-vous en mesure de poursuivre l'extension de vos zones de production et, si non, quelle politique de gestion des eaux pensez vous mettre en œuvre ?

L.P.P. - Je pense que dans ce cas, ce n'est pas une question de ressources, mais de demande. Avec l'irrigation que nous avons déjà en Andalousie on pourrait produire beaucoup plus de fruits et de légumes, mais nos besoins actuels sont couverts et nous aurions la capacité de poursuivre la production si nécessaire.

Dans la région d'Almeria, par exemple, selon les dernières données du ministère, la superficie des serres a augmenté cette année de 538 hectares, ce qui signifie 2% de plus qu'en 2012. Et de plus en plus de serres produisent une double culture, ce qui a permis à la surface de production de légumes dans cette province d'augmenter de 9,5% par rapport à l'année dernière, pour atteindre 51.584 hectares.

Pendant plus de 25 ans, nous avons créé, modernisé et transformé ces infrastructures rendant possible le développement de notre agriculture. L'irrigation actuelle utilise 25% moins d'eau par hectare et, avec les mêmes ressources en eau qu'il y a dix ans, on peut irriguer 35% de surface en plus.

A.I. - Quel est le sentiment général des producteurs andalous quant aux orientations données par Bruxelles à la Politique agricole commune pour la période 2014-2020 ?

L.P.P. - Le sentiment des producteurs andalous et aussi le notre est une préoccupation face à la perte éventuelle des aides directes. On a le sentiment d’une certaine complexité dans la répartition et il y a beaucoup de questions qui devront continuer à être débattues pour parvenir à une politique commune qui puisse répondre à ces principaux problèmes, tels que les déséquilibres dans la chaîne agroalimentaire ou la concurrence avec d'autres pays, par exemple.

A.I. - Vous vous êtes prononcé en faveur d’une répartition plus équitable des aides directes. Avez-vous le sentiment d’avoir été entendu ?

L.P.P. - En Andalousie nous pensons qu'un partage équitable ne consiste pas à donner une aide égale pour tous, mais plutôt d'allouer à chaque secteur ce dont il a réellement besoin ou qu’il mérite, en fonction, entre autres, de ce qu'il produit, des efforts environnementaux qu'il réalise, des difficultés naturelles auxquelles il se mesure ou de l'importance sociale …

L'Andalousie n'est pas une région quelconque, mais un acteur principal, car c'est une des régions européennes dont l’agriculture a le plus de poids. Les quelques 10 milliards d'euro de notre production agricole, qui représentent environ 25% de la production espagnole, nous place devant 18 des États Membres.

Par conséquent, notre région est l'un des principaux bénéficiaires de la PAC, avec environ 2 milliards d'euro d'aides européennes par an. Nous pensons que ceci doit continuer ainsi, c’est pourquoi nous avons offert notre soutien au Ministère pour sa négociation à Bruxelles, nous avons tenu des réunions avec des représentants du Parlement Européen et nous avons déposé 174 amendements sur les questions que nous considérons prioritaires pour l'Andalousie, dont beaucoup ont été prises en compte dans la position commune du Parlement Européen.

Donc nous continuerons ainsi dans le débat interne qui s'ouvre dans cette seconde moitié de 2013, en donnant notre point de vue et en défendant nos intérêts pour négocier les points clés qui détermineront la répartition, par exemple, entre les régions et les agriculteurs.

Il semble que les règlements publiés par Bruxelles laisseront toute latitude aux Etats Membres pour définir les régions et les contraintes qui y seront appliquées, aspects décisifs pour savoir comment cette politique européenne affectera notre région.

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