28 May 2018

Cinq questions à Hunter Tootoo Ministre de la Pêche et Océans du Canada.

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fishQuels bénéfices concrets, en termes de volumes à l’exportation et de développement des secteurs de la pêche et de l’aquaculture, les industries liées à ces activités peuvent-elles attendre du CETA*, dont l’entrée en vigueur est toujours prévue pour 2017 ?

- L'élimination des droits de douane imposés par l'Union européenne et le Canada sur les produits de poisson et de fruits de mer dans le cadre du CETA donnera aux importateurs et aux exportateurs de nouvelles occasions d'établir ou de renforcer des relations commerciales. L’Union européenne est le premier importateur de poissons et de fruits de mer au monde et ces importations représentent environ 60 % de la consommation totale de poissons et de fruits de mer dans l'Union européenne.

- Les consommateurs de l'Union européenne accordent une grande importance aux fruits de mer propres de bonne qualité qui sont certifiés pour avoir été pêchés de façon légale et durable, comme en témoignent les exigences de certification des captures et l'attention que portent les consommateurs aux produits qui ont reçu une écocertification d'une tierce partie. La position du Canada par rapport à ces exigences, combinée à l'élimination des droits d'importation par l'Union européenne, suscitera un intérêt accru de la part des importateurs de l'UE qui voudront accroître leur approvisionnement en produits de poisson et de fruits de mer auprès du Canada.

- Le Canada et les États-Unis entretiennent déjà d’importantes relations commerciales qui continuent à croître dans le domaine du poisson et des produits de la mer. Cependant, les tarifs imposés sur plusieurs produits demeurent élevés, mais ils seront réduits progressivement avec l’entrée en vigueur de l’AECG. Alors que les forces du marché détermineront en termes précis la croissance du volume du commerce, la libéralisation du commerce créera inévitablement de nouveaux débouché pour étendre ce commerce, ce qui est précisément l’objectif visé par l’AECG.

Cet accord de libre échange peut-il définitivement mettre un terme aux différents liés régulièrement aux stocks chevauchants et fortement migrateurs ?

Les questions concernant les stocks chevauchants et les stocks de grands poissons migrateurs continueront d'être traitées et résolues par le biais de la participation internationale au sein des organisations régionales de gestion des pêches, comme l'Organisation des pêches de l'Atlantique Nord-Ouest (OPANO). Le CETA ne modifie en aucune façon les obligations qu'ont les partenaires internationaux au sein de ces organisations.

Les importants investissements dont ont bénéficié de nombreux ports de pêche – dans le cadre du programme de soutien des infrastructures publiques -  répondent-ils aux perspectives d’accès aux nouveaux marchés qu’offrent les nombreux accords de libre échange conclus par le Canada?

Bien que les investissements dans les infrastructures soient importants pour le bon fonctionnement et la gestion adéquate des ports, le travail de cette nature n'augmente pas réellement la capacité de l'industrie, étant donné le système des quotas de pêche. Ainsi, il n'existe aucun lien entre ces travaux d'infrastructure et l'accès aux marchés lié au CETA.

Le modèle Canadien de gestion de la ressource halieutique est une référence. Quels en sont les axes forts, et ses résultats sur la disponibilité des espèces gérées sont-ils mesurables ?

Le Canada gère ses pêches conformément aux rôles et aux responsabilités qui lui sont conférés aux termes de la Loi sur les pêches, et selon des pratiques crédibles, étayées par la science, abordables et efficaces. Le modèle de gestion des ressources halieutiques adopté par le Canada est fondé sur la science, applique l'approche de précaution, tient compte des facteurs écosystémiques et gère les ressources du Canada en fonction des risques.  Les grandes priorités en matière de gestion des pêches au Canada comprennent la durabilité environnementale, la viabilité économique, et la participation des intervenants et des peuples autochtones au processus décisionnel. Même si la conservation demeure la grande priorité, la gestion durable des pêches du Canada soutient également une pêche économiquement prospère capable d'améliorer sa compétitivité, d’investir dans les mesures et les activités de conservation, de s’adapter pour qu’il y ait un meilleur équilibre entre l’effort de pêche et la capacité des ressources et d’assurer des emplois plus stables.

Iles-de-la-MadeleineQuels sont aujourd’hui les objectifs ou programmes relevant de votre gouvernance, dont vous estimez la mise en œuvre prioritaire ?

Comme il est indiqué dans la lettre de mandat du ministre Tootoo, l’objectif général du ministre consiste à protéger les trois océans, les côtes, les voies navigables et les pêches du Canada pour s’assurer que ces éléments demeurent sains pour les générations futures; tout en soutenant la viabilité économique. En particulier, dans la prise de décisions ayant des répercussions sur les stocks de poissons et la gestion des écosystèmes, le ministre s’appuiera sur les preuves scientifiques et le principe de précaution et tiendra compte des changements climatiques.

Le ministre des Pêches, des Océans et de la Garde côtière canadienne demandera des opinions et des conseils du Ministère, y compris des scientifiques, par rapport aux priorités et autres questions. Les décisions de gestion seront prises avec l'entière collaboration de la communauté de la conservation, de l'industrie, des groupes autochtones, des intervenants et des Canadiens.

 

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