20 Jan 2018
Syndicat des énergies renouvelables Syndicat des énergies renouvelables
Publié dans Energies
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Acteur majeur du débat national sur la transition énergétique, le Syndicat des énergies renouvelables regroupe l’ensemble des secteurs industriels impliqués dans la production d’énergies alternatives. Sa vocation, rappelle Jean-Louis Bal, son président, est de promouvoir les intérêts des industriels et des professionnels des énergies renouvelables auprès des pouvoirs publics, du Parlement et de toutes les instances en charge de l’énergie, de l’industrie, de l’emploi et de la Recherche.

Jean-Louis-BalJean-Louis BalAgriculture Internationale - Quelle est votre appréciation sur la situation des énergies renouvelables en France et en Europe ?

Jean-Louis Bal - Pour ce qui concerne notre pays, fin 2011, notre consommation assurée par les énergies renouvelables s’élevait à 13 %, contre 9 % en 2005, soit un passage de 16 à 21 millions de tonnes équivalant pétrole. La tendance à l’horizon 2020 est de 17 ou 18 % de la consommation, en suivant l’hypothèse que la consommation d’énergie reste constante.

Certaines filières ont des tendances positives comme la biomasse chaleur ; elles sont négatives pour d’autres comme l’éolien, qui produit aujourd’hui à un rythme de 750 mégawatts/an alors qu’il devrait en produire 1400 pour atteindre l’objectif de 19 000 mégawatts terrestres d'ici 2020.

Enfin, certaines filières sont dans l’entre-deux, comme les biocarburants qui représentent actuellement 7 % de la consommation pour les carburants routiers. Le gouvernement a décidé une pause jusqu’à ce qu’il puisse définir l’impact environnemental global de ces biocarburants.

Je rappelle que les objectifs 2020 pour la France s’élèvent à 23 % d’énergies renouvelables dans la consommation d’énergie finale. Ceux de l’Union européenne sont de 20 %. Cela ne signifie pas que la France avait des objectifs plus ambitieux que la moyenne européenne. Simplement, la répartition des objectifs s’est faite suivant le point de départ en 2005 et selon le PIB de chaque pays.

Cet objectif de 23 % devait se traduire par une augmentation de la production d’énergies renouvelables de 20 millions de tep (tonnes équivalent pétrole). La moitié de cet objectif devait être réalisé sur la production de chaleur, un cinquième sur les transports et les biocarburants et un tiers sur l’électricité.

Pour ce qui concerne l’ensemble de l’Europe, la Commission européenne vient de publier les chiffres 2010 : l’Union européenne consomme aujourd’hui 12,7 % d’énergies renouvelables contre 8,5 % en 2005. La progression est réelle mais insuffisante pour l’atteinte de l’objectif de 20 %.

A.I. - En France, les nouvelles mesures prises par le Gouvernement vont-elles dans le bon sens (loi Brottes, simplifiant le cadre réglementaire éolien, revalorisation des tarifs de  l’électricité photovoltaïque, nouveau dispositif de soutien à la production de biogaz afin de développer la méthanisation) ?

J-L.B. - Pour l’éolien, la loi BROTTES constitue un véritable soulagement. En effet, elle supprime des dispositions qui freinaient le développement du parc. Nous serons attentifs à ce que les décisions qu’elle contient soient traduites rapidement dans les faits. En ce qui concerne la biomasse, l’Etat vient d’annoncer un plan de 1 000 nouvelles unités de méthanisation à la ferme en 2020, contre 90 aujourd’hui. Il s’agit d’un signal encourageant mais les modalités pratiques restent à définir et un dialogue entre l’Etat et les professionnels s’avère indispensable.

Les mesures prises pour la filière photovoltaïques sont inégales. Si la revalorisation du tarif et la bonification pour les produits européens satisfont les acteurs, les dernières annonces  du Gouvernement concernant les appels d’offres, en particulier pour la gamme 100 à 250 KW inquiètent la profession : en effet, deux appels d’offres prévus ne seront pas lancés et vont entraîner une interruption d’activité pour le secteur, déjà fragilisé.

A.I. - La France peut-elle selon vous rattraper le retard qu’elle a pris sur d’autres pays européens en matière de production d’énergies renouvelables ?

J-L.B. - Il ne s’agit pas d’une compétition. Notre but est de remettre notre pays en ligne avec ses objectifs 2020. C’est encore possible, mais cela suppose que la vision 2020 soit partagée, en premier lieu, par le Gouvernement, et se traduise par une réelle volonté politique et les décisions qui vont avec.

les énergies renouvelablesA.I. - Pour quelles raisons la méthanisation « à la ferme » est-elle encore quasi-inexistante en France et quelles mesures lui permettraient selon vous d’imposer sa pertinence - énergétique et économique - dans le monde agricole ?

J-L.B. - La méthanisation améliore le bilan gaz à effet de serre des exploitations agricoles, par la réduction des émissions de méthane liées aux effluents d’élevage et, indirectement, par la substitution de chaleur, de carburants et d’engrais d’origine fossile.

Elle doit également permettre d’améliorer la gestion de l’azote, en conservant l’azote organique contenu dans certains sous-produits d’exploitation et en le substituant aux engrais minéraux. Mode de production d’énergie, elle est également un mode de traitement des déchets organiques.

Nous n’avons pas encore trouvé la bonne formule pour valoriser au mieux ces deux fonctions. En outre, la méthanisation agricole trouve son optimum lorsqu’elle est territoriale et regroupe plusieurs acteurs, ce qui complexifie sa mise en œuvre. Il reste encore à trouver le bon niveau de rémunération pour ces deux services - production d’énergie et traitement des déchets, à inciter les agriculteurs à se grouper et à développer une filière professionnelle dédiée, avec tout ce que cela signifie en termes d’information et de formation.

A.I. - De quelle façon le Syndicat des énergies renouvelables peut-il faire mieux prendre en compte la pertinence et l’urgence de ces énergies renouvelables ?

J-L.B. - Le Syndicat agit, au quotidien, en direction des décideurs : ministres, administrations centrales, parlementaires, acteurs de l’énergie et médias. Il participe activement au débat national sur la transition énergétique, qui se déroule actuellement et qui aboutira à une loi de programmation sur la transition énergétique. Il a, notamment, publié le Livre blanc des énergies renouvelables, qui explique comment il est possible de développer des filières industrielles puissantes dans notre pays.

Il organise des colloques dédiés aux différentes formes d’énergies renouvelables et prochainement, les 25 et 26 juin, son colloque consacré à la biomasse avec une journée dédiée au biogaz et aux biocarburants.

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