24 Sep 2018

Le vétérinaire, premier garant de la sécurité sanitaire

Fédération Vétérinaire Européenne Fédération Vétérinaire Européenne
Publié dans Elevages
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La Fédération Vétérinaire Européenne rassemble les organisations vétérinaires de plus de 32 pays et représente la profession vétérinaire au niveau européen. La FVE comporte quatre groupes spécialisés: les praticiens (UEVP), les vétérinaires inspecteurs et hygiénistes (UEVH), les vétérinaires officiels (EASVO), les vétérinaires de l’Enseignement, de la Recherche et de l'Industrie (EVERI). Pour le Docteur Christophe Buhot, Président, de la FVE, la présence du vétérinaire est plus que jamais nécessaire, « de l’étable à la table ».

Agriculture Internationale - Quels sont le rôle, les prérogatives et les moyens de la Fédération Vétérinaire Européenne ?

Christophe BuhotChristophe BuhotChristophe Buhot - La FVE a pour objectif de réunir la profession vétérinaire européenne pour le bénéfice de la santé et du bien être animal, et de la santé publique. Nous nous efforçons de structurer et de rassembler les opinions de tous les membres du corps vétérinaire européen en une seule et même voix.

Nous représentons 46 organisations vétérinaires nationales issues de 38 pays européens. Quatre organisations européennes sont également membres de la FVE : l’Association européenne des Vétérinaires Officiels, les Vétérinaires européens dans l’éducation la recherche et l’industrie, l’Union des vétérinaires européen hygiénistes et l’Union européenne des vétérinaires praticiens.

Nous rassemblons ainsi environ 200.000 vétérinaires. La profession vétérinaire européenne, représentée par la FVE, s’efforce de promouvoir la santé et le bien être animal ainsi que la santé publique à travers l’Europe. Avec ses membres, la FVE a pour objectif de soutenir les vétérinaires afin qu’ils délivrent un service de la plus grande qualité possible, reconnu et valorisé par la société.

Nos bureaux, dans lesquels travaillent cinq permanents, sont situés à Bruxelles. Deux assemblées générales permettent de réunir l’ensemble des membres, et de nombreux groupes de travail composés d’experts élaborent conseils, recommandations et positions sur des sujets fort variés, tels que la disponibilité des médicaments vétérinaires, l’inspection des viandes, la définition du vétérinaire et de l’acte vétérinaire, l’antibioresistance, la formation continue, le transport des bovins, ou l’identification des carnivores domestiques, pour n’en citer que quelques uns.

A.I. - Son maillage et ses outils de veille et de contrôle permettent-ils à la Fédération d’assurer une qualité sanitaire optimale aux produits carnés destinés à l’alimentation humaine et animale ?

C.B. - La FVE n’intervient pas directement pour assurer la qualité sanitaire des produits carnés. La FVE et son groupe spécialisé des hygiénistes mettent en place une politique de façon proactive sur le sujet, scrutent les textes et les propositions émanant de la Commission, et développent activement une stratégie d’influence auprès de la Commission, du Parlement et du Conseil.

A.I. - La réintroduction de farines animales dans les aliments destinés aux animaux monogastriques présente-t-elle selon vous toutes les garanties de cette qualité sanitaire ?

C.B. - Aucun argument scientifique ne s’oppose à l’introduction de Protéines Animales Transformées (PAT), d’autant que les PAT n’ont rien à voir avec les « farines animales » de 1996, responsables de la crise de l’encéphalopathie spongiforme bovine. Il s’agit désormais de protéines issues de sous-produits d’animaux sains (porcs, poissons et volailles), qui ne sont pas destinés à la consommation humaine pour des raisons commerciales ou technologiques. Toutefois des précautions supplémentaires ont été instaurées, à savoir que les PAT ne peuvent être utilisées que pour l’alimentation des porcs, des volailles, des poissons et des crustacés, espèces dans lesquelles aucune encéphalopathie transmissible n’a été signalée, et que tout recyclage de ces PAT dans leur espèce de provenance doit être prohibé.

Par ailleurs, une séparation stricte des filières par espèce doit être mise en place ainsi que des contrôles rigoureux portant sur la fabrication et les importations. Les filières de l’alimentation animale et de traitement des sous-produits se sont organisées pour mettre en place cette séparation. Reste alors la mise en œuvre des moyens financiers et humains pour assurer les contrôles. De nombreuses garanties sont donc apportées, me semble t’il, et il serait fort dommage de se priver d’une source de protéines d’excellente qualité au coût bien inférieur à celui des céréales.

vachesA.I. - L’ouverture des marchés et l’importation dans l’Union européenne de viandes provenant de pays tiers qu’elle entraîne, vous pose-t-elle des problèmes quant à leur qualité sanitaire ou leur niveau d’hygiène ?

C.B. - Les importations de pays tiers doivent provenir d’établissements agréés dont les normes sanitaires correspondent à celles de l’ Union Européenne. Les contrôles sont effectués au niveau des points de contrôle frontaliers. La FVE ne voit pas de risques ou de problèmes particuliers à condition que les ressources et les moyens soient suffisants pour assurer et garantir le bon déroulement de ces contrôles. Il est impératif, en effet, qu’importations et  ouverture des marchés ne mettent pas en péril la sécurité de notre alimentation et par voie de conséquence, l’économie de nos filières de production.

A.I. - Le vétérinaire pourrait-il être davantage inséré dans la chaîne d’approvisionnement en viandes animales, afin d’ajouter à sa fiabilité et à sa transparence ?

C.B. - La FVE est convaincue de la nécessité de la présence vétérinaire sur la chaîne alimentaire dans sa totalité, soit selon l’expression devenue désormais classique « de l’étable à la table ». Toutefois un meilleur usage pourrait être fait des ressources vétérinaires, en particulier en ce qui concerne l’information de la chaîne alimentaire. Celle-ci comprend non seulement les informations provenant des élevages, mais également celles provenant des abattoirs. Toutes ces informations doivent être collectées et traitées, et le vétérinaire peut alors apporter une valeur ajoutée dans l’intérêt du consommateur et du producteur.

Les projets de modernisation de l’inspection des viandes montrent l’évolution à venir, à savoir le passage de la sécurité sanitaire des viandes vers les contrôles et la surveillance de la santé et du bien-être des animaux qui produiront ces viandes. Le vétérinaire est prêt à jouer un rôle accru dans ce nouveau système, et à s’assurer que celui ci soit bien basé sur la science et en accord avec les souhaits des consommateurs. La FVE souhaite à la fois valoriser les élevages et pouvoir rassurer les consommateurs.

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