28 May 2018

Le SNIA une devise pour projet : « Bien nourrir les animaux pour mieux nourrir les hommes »

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Publié dans Elevages
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Le SNIA, Syndicat National de l'Industrie de la Nutrition Animale, a publié cette année un recueil recensant 7 engagements pour des modèles agricoles performants : garantir pour l’alimentation animale un approvisionnement en matières premières de qualité, mettre en œuvre rapidement une simplification administrative efficace, exiger au sein de l’Union européenne une concurrence conforme aux règles du marché unique, favoriser la performance économique des entreprises de la nutrition animale, orienter les politiques régionales pour le développement économique des territoires et pour l’emploi, consolider et promouvoir les productions des filières animales françaises, accompagner le développement de systèmes agricoles véritablement durables. François-Christian Cholat, son président, décline ici ces orientations ainsi que les atouts et les attentes de cette industrie essentielle.

Agriculture Internationale - Quelle est actuellement la place de l’industrie française dans le domaine de la nutrition animale ?

François Cholat - L’industrie de la nutrition animale fournit en volume, selon les données du Ministère de l’agriculture, environ 20% de l’alimentation des animaux en France. S’ajoute en effet à ses produits, les fourrages et les matières premières produites ou achetées directement par l’élevage. L’industrie de la nutrition animale, focalise pourtant toute les attentions. Au-delà des aspects de volumes d’aliments composés commercialisés, c’est en effet le savoir-faire des entreprises de la nutrition animale qui crée de la valeur au cœur des filières agricoles et agroalimentaires.

Nous sommes au quotidien dans les élevages et l’analyse des données collectées sur le terrain tout comme les investissements en Recherche et Développement sur des plateformes d’expérimentation zootechnique dédiées, nous permettent d’innover et de progresser en continu. Toutes les filières de productions animales françaises en sortent gagnantes, et l’industrie de la nutrition animale française est très largement reconnue pour cette capacité à créer de la valeur.

A.I. - Quels sont les atouts de cette industrie, aussi bien en termes de qualité, d’hygiène et de traçabilité, que de performance, face à une concurrence mondiale ?

F.C. - La réglementation européenne en matière d’hygiène et de contrôle des professionnels de la nutrition animale est des plus exigeantes. Elle est sur bien des points, plus contraignante que la réglementation pour l’alimentation humaine. En France, les Pouvoirs publics réalisent de nombreux contrôles mais avant tout, les professionnels opèrent régulièrement de nombreuses vérifications dans le cadre d’autocontrôlés pour s’assurer de la qualité et de la sécurité de leurs produits. C’est un atout face à la concurrence mondiale car c’est un gage de sérieux pour les clients. Plus concrètement, nous avons développé en France, un système professionnel innovant et complet de certification pour les entreprises du secteur. Le transport, l’approvisionnement en matières premières, les étapes de fabrication et les produits finis sont contrôlés dans le cadre du dispositif OQUALIM*. Les entreprises certifiées et les bases de cette certification sont consultables par tous sur le site : http://www.oqualim.fr

La France est une terre d’élevage. Elle a développé de nombreuses filières, très diversifiées pour répondre à tous les marchés. Les entreprises de nutrition animale y ont largement contribué. Leur savoir-faire est reconnu et s’exporte dans de nombreux Pays qui cherchent à développer leurs propres productions animales. Nous exportons des aliments à haute valeur ajoutée comme les aliments d’allaitement pour les jeunes animaux, les aliments pour poissons, porcelets, chevaux et même pour des espèces spécifiques comme l’escargot, les camélidés. Notre connaissance des besoins nutritionnels des animaux, notre capacité à sélectionner et acheter des matières premières de qualité répondant au mieux à ces besoins sont autant d’atouts qui permettent à nos entreprises d’exporter des aliments performants et compétitifs sur les marchés internationaux.

C’est là aussi notre force, nous disposons de matières premières de qualité et en quantité et nous valorisons le savoir acquis pendant des décennies de développement sur notre territoire. Mais au-delà des exportations de produits, c’est aussi notre savoir-faire et notre expertise de nutritionnistes qui s’exportent. Les scientifiques français sont très reconnus à l’international et les opportunités vont se multiplier compte tenu du développement des productions animales à l’échelle de la planète.

A.I. - Quels sont les principales destinations de nos exportations ?

F.C. - Sur les 5 dernières années, nos exportations ont augmenté de 35%. Elles représentaient en 2015 un chiffre d’affaires de 841 millions d’Euros (source FranceAgriMer). La Belgique, les Pays-Bas, et l’Espagne, de par leur proximité géographique, sont sans surprise les principales destinations pour nos aliments pour animaux. Mais le grand export représente quand même plus du quart des exportations avec les Etats-Unis (64,4 M EUR), l’Algérie (39,2 M EUR) et la Russie (36 M EUR). Le Maghreb, l’Amérique du Sud et l’Asie développent leurs productions animales et sont demandeurs d’expertises en matière de nutrition animale. De nombreuses entreprises de notre secteur, PME ou grands groupes, ont développé une activité export en ciblant des marchés à haut potentiel.

A.I. - Les accords commerciaux entre l’Union européenne et certains pays tiers pourraient-ils selon vous affecter le niveau de qualité des viandes proposées aux consommateurs français et européens ?

F.C. - L’échec des négociations multilatérales à l’OMC a entraîné une multiplication d’accords commerciaux bilatéraux. Cette situation nécessite d’être particulièrement vigilants sur les concessions faites aux pays partenaires dans le cadre de ces négociations. Certaines exigences ne sont pas négociables. Il s’agit notamment de conserver un niveau d’exigences en matière de sécurité sanitaire à la hauteur du cadre réglementaire européen. Les consommateurs sont très sensibles à ces questions et nous savons que la confiance du consommateur dans son alimentation est essentielle pour le secteur agricole. Les pouvoirs publics ont été alertés sur ces enjeux, tant à l’échelle nationale qu’européenne, et je pense qu’il n’y a pas de risque à ce stade de voir le niveau de qualité des viandes baisser en Europe.

Pour le consommateur, il est essentiel qu’il sache d’où viennent les produits qu’il consomme et de savoir dans quelle condition ils sont produits. Car le choix final lui appartient. Dans ces accords bilatéraux, il y a également des enjeux liés à la compétitivité de nos entreprises et de nos filières agricoles et agroalimentaires. Là aussi, la vigilance s’impose. Il ne s’agit pas d’empêcher le commerce mondial, mais de s’assurer que ces accords ne favorisent pas des situations de distorsion de concurrence. Les accords commerciaux sont une opportunité pour nos activités économiques, mais le secteur agricole ne doit pas servir de variable d’ajustement. La qualité de notre alimentation a un prix !

A.I. - Quelles sont aujourd’hui les attentes de la profession, quelles pistes, en matière de progrès et d’innovation souhaitez-vous privilégier afin de renforcer encore l’image de la nutrition animale française ?

F.C. - Les professionnels de la nutrition animale ont relevé le défi de la sécurité sanitaire avec OQUALIM. Nous avons su relever de défit de la sécurité sanitaire et les résultats des contrôles montrent que nous avons atteint un haut niveau en la matière. Cette réussite intéresse nos partenaires jusqu’en Chine où les autorités par exemple se sont montrés exemple très intéressés par cette démarche et ses résultats. Nous devons poursuivre la promotion de l’excellence française à l’international.

Nous relevons actuellement un nouveau défi, celui de la durabilité de l’alimentation des animaux. L’enjeu porte sur les matières premières que nous utilisons pour nourrir les animaux. Les préoccupations des consommateurs se portent aujourd’hui sur l’origine des matières premières et leur caractère durable. Nous nous devons de répondre à leurs interrogations. Mais au-delà, nous constatons que de plus en plus d’entreprises se sont engagées dans leur responsabilité sociétale. Nous avons donc initié une plateforme collaborative, appelée Duralim, afin de construire avec les acteurs de toute la filière (de la production des matières premières jusqu’à la distribution des produits animaux) une démarche en faveur de la promotion et de l’amélioration de la durabilité de l’alimentation des animaux d’élevage.

Cette initiative s’appuie notamment sur une charte d’engagement et contribue ainsi à faire de l’alimentation animale en France un repère de confiance dans l’agriculture et les produits alimentaires français. C’est une démarche en plein développement et qui suscite un engouement certain. Vous pouvez suivre son évolution sur le site www.duralim.fr.

A.I. - Quels sont selon vous les principaux obstacles à ces attentes et à ces progrès ?

F.C. - L’alimentation animale est trop souvent perçue comme un « coût » alors que dans la réalité c’est un véritable investissement pour tous. Pour les éleveurs qui grâce à nos produits et notre expertise vont gagnent en compétitivité mais aussi pour les filières agroalimentaires et les consommateurs qui voient les produits gagner en qualité. Je suis même convaincu que l’alimentation des animaux est l’investissement le plus rentable pour les éleveurs. Nous devons le faire savoir et en apporter la preuve concrète au quotidien dans les exploitations !

* OQUALIM est une association qui, à l'initiative de Coop de France Nutrition Animale et du SNIA, a pour objet d'élaborer, de mettre en place et de coordonner toute démarche visant à l'amélioration de la sécurité et de la qualité des aliments pour animaux.

Site Internet : http://www.nutritionanimale.org

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