22 Jul 2018

Huit questions à Monsieur Mohammed Fikrat Président de FENAGRI

Publié dans Dossiers
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FENAGRI-salonAgriculture Internationale - Quels sont les principaux atouts de l’industrie agroalimentaire marocaine ?

Mohammed Fikrat - Le secteur de l’agro-alimentaire est la deuxième industrie du Maroc, et  représente plus du quart du tissu industriel global. Les dernières statistiques dont nous disposons montrent que le secteur génère une production de 105 milliards de dirhams (24,3% de la production industrielle totale), une valeur ajoutée de 29,4 milliards (26,1 % de la valeur ajoutée industrielle totale) et emploie plus de 146.000 effectifs (24,5% des effectifs industriels totaux).

L’industrie agroalimentaire est aussi une industrie historique au Maroc ce qui constitue un atout majeur pour notre secteur. Beaucoup d’entreprises actuelles ont été créées au début du siècle dernier et disposent aujourd’hui d’un réel savoir-faire et d’expertises reconnues dans leurs métiers respectifs. Un autre atout de taille est la qualité des produits marocains. Nos produits sont présents sur les marchés les plus exigeants et leurs qualités reconnues partout où ils sont commercialisés.

Le Maroc a engagé un programme ambitieux pour le développement du secteur agricole : le Plan Maroc Vert, qui vise le renforcement et modernisation de l’agriculture marocaine ainsi que l’intégration amont aval une vue d’une meilleure valorisation des produits agricoles. Nous récoltons aujourd’hui les premiers fruits de cette stratégie qui a amélioré la disponibilité des matières premières en quantité et en qualité. Enfin, il est important de rappeler que le Royaume du Maroc dispose d’un marché domestique dynamique en plein développement, avec un réel potentiel à faire fructifier.

AI - Quelles filières sont essentiellement concernées et combien d’entreprises sont regroupées au sein de la FENAGRI ?

MF - La FENAGRI est une Fédération Nationale qui regroupe l’ensemble des industries agroalimentaires de première et deuxième transformation. Elle est à ce titre membre statutaire de la CGEM, la Confédération Générale des entreprises du Maroc, et représente le secteur au sein de cette institution. En termes d’adhérents, la FENAGRI regroupe aujourd’hui 16 associations sectorielles représentatives des principales branches du secteur agroalimentaire. Pour des raisons historiques, 121 entreprises parmi les plus importantes du secteur sont adhérentes directes à la fédération. Cette spécificité (adhésion mixte entre associations et entreprises) donne à la FENAGRI une bonne  représentativité du secteur agroalimentaire organisé.

AI - Quels éléments constituent l’accompagnement dont bénéficient les entreprises adhérentes à la FENAGRI, en termes d’analyse de la situation des marchés, d’orientation, d’optimisation de visibilité et de compétitivité ?

MF - En adhérant à la FENAGRI les membres bénéficient de l’ensemble des services fournis par la fédération dont :

- De représenter et de défendre les intérêts de ses adhérents.

- Une veille réglementaire reprenant l’actualité réglementaire du secteur.

- Une veille commerce extérieur, analysant les échanges extérieurs du Maroc de produits agroalimentaires.

- Des analyses prospectives des principales problématiques du secteur : réglementation, logistique, fiscalité, développement durable, formation professionnelle et commerce extérieur.

- Des formations ad hoc sur divers sujets.

Surtout, la FENAGRI reste un lien privilégié entre les entreprises et les pouvoirs publics, et accompagne ses adhérents dans leurs démarches auprès de l’Administration et pour la défense de leurs intérêts.

Sur un autre plan, la FENAGRI gère le Centre Technique des Industries Alimentaires (CETIA). Il s’agit d’un outil mis à la disposition des industriels pour les appuyer dans leurs démarches R&D, formation et veille. Le centre en cours de redynamisation est équipé de trois laboratoires (microbiologique, physicochimique et sensoriel) ainsi que d’une halle technologique pour le développement de nouveaux produits. Le CETIA est pour le moment à l’arrêt en attendant la mise en œuvre de son financement.

AI - Quel pourcentage de la production représentent les exportations ?

MF - Il existe des branches de l’industrie agroalimentaire avec une vocation clairement exportatrice. Il s’agit principalement de l’industrie de la conserve de poisson (plus de 80% de la production exportée) et l’industrie de la conserve végétale (65% de la production exportée). Ces deux branches occupent d’ailleurs la première et la deuxième place des exportations agroalimentaire (avec 6 milliards et 1,5 milliards respectivement pour les conserves de poisson et les conserves végétales). D’autres branches sont traditionnellement tournées vers le marché local comme l’industrie laitière, l’industrie des viandes, la transformation des céréales... Mais nous remarquons avec satisfaction que ces entreprises ont développé une offre exportable ces dernières années, et sont de plus en plus actives sur les marchés à l’export.

Enfin quelques branches d’activité ont un positionnement mixte avec une prédominance du marché local et un très fort dynamisme à l’export. Il s’agit essentiellement de l’industrie du jus (18% de la production exportée), l’industrie des huiles (14% de la production exportée), l’industrie du thé et café (13% de la production exportée) et l’industrie des biscuits, chocolats et confiseries (7% de la production exportée).

AI - Quelle plus-value les accords internationaux de libre échange conclus par le Maroc apportent-ils à vos exportations, en termes de possibilités d’ouvertures de nouveaux marchés ?

MF - Le Maroc a signé un certain nombre d’accords de libre-échange avec des pays partenaires. S’agissant de l’agroalimentaire, les ALE ont contribué à améliorer la compétitivité du produit marocain dans le sens où ils ont réduit les barrières tarifaires. Cependant, il subsiste des barrières non-tarifaires qui peuvent constituer des obstacles majeurs aux échanges. Le secteur agroalimentaire est particulièrement exposé à ce phénomène. Par ailleurs, nous pensons qu’il y a lieu de développer les accords de libre-échange avec l’Afrique où existe un grand potentiel d’échange à explorer.

AI : Quelles sont les destinations privilégiées de vos produits ?

MF - En termes d’exportations de produits agroalimentaires, l’Union Européenne reste le premier partenaire et le partenaire historique du Maroc. Il représente près de 50% des exportations des entreprises marocaines  de conserves de poisson et 72% pour celles des conserves végétales. D’autres destinations sont en fort développent depuis quelques années comme l’Afrique, le Moyen-Orient, l’Asie et la Russie.

AI - La FENAGRI est membre actif de la CGEM, du Conseil National de l'Entreprise, de l'ASMEX, de l'Association Marocaine des Exportateurs, du Conseil de la Concurrence et du Conseil Economique et Social. Comment fonctionnent ces synergies dans le processus général de soutien et de valorisation du commerce extérieur du Royaume du Maroc ?

MF - Chacune de ces institutions publiques ou privées remplit une mission bien déterminée pour promouvoir la compétitivité des entreprises. La FENAGRI se trouve partout où il le faut pour défendre les intérêts du secteur agroalimentaire. Cette présence multiple témoigne de l’importance et de la confiance dont bénéficie la FENAGRI et nous incite à fournir davantage d’efforts pour la promotion et le développement de l’industrie agro-alimentaire et du renforcement de l’intégration de l’ensemble de la chaine de valeur pour une filière compétitive et durable.

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