22 Jul 2018

8 questions à Monsieur Hassan Sentissi El Idrissi Président de la FENIP

Publié dans Dossiers
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La Fédération des Industries de Transformation et de Valorisation des Produits de la Pêche (FENIP) est une organisation professionnelle créée le 21 novembre 1996. Elle succède à la Fédération des Industries de la Conserve du Maroc « FICOMA » créée en 1948

Fédération sectorielle membre de la CGEM , la FENIP a essentiellement pour but : De représenter et de défendre les intérêts de ses adhérents, d’étudier les mesures propres à développer les industries de transformation des produits de la pêche et à améliorer les conditions de production, de distribution et de vente des produits et de fournir à ses adhérents toute assistance de nature à promouvoir et à développer leurs activités.

Le secteur des industries de transformation des produits de la mer regroupe sept branches d’activités dont six sont représentées au sein d'organisations professionnelles adhérentes à la FENIP : L'industrie de la semi-conserve de poisson: représentée par l’AMASCOP, L'industrie de farine et huile de poisson: représentée par l’ANAFAP, La congélation à terre des produits de la mer: représentée par l' ANICOM, Le conditionnement et l’exportation de poisson frais: représentée par l’APROMER l’ensemble des Industries de traitement des produits de la mer à Agadir représentées par la FIPROMER, L'industrie de la conserve de poisson: représentée par l’UNICOP, L'industrie de transformation des algues marines ( AGAR AGAR ) membre associé.

Hassan-Sentissi-El-IdrissiAgriculture Internationale - En quoi consistent le rôle et la vocation de la FENIP ?

Hassan Sentissi El Idrissi - La Fédération des Industries de Transformation et de Valorisation des Produits de la Pêche (FENIP) est une organisation professionnelle créée le 21 novembre 1996. Elle succède à la Fédération des Industries de la Conserve du Maroc « FICOMA » créée en 1948.

Fédération sectorielle, la FENIP a essentiellement pour but :

- De représenter et de défendre les intérêts de ses adhérents.

- D’Etudier les mesures propres à développer les industries de transformation des produits de la pêche et à améliorer les conditions de production, de distribution et de vente des produits.

- De fournir à ses adhérents toute assistance de nature à promouvoir et à développer leurs activités.

Les efforts de la FENIP visent à mieux faire connaître la qualité et la diversité du produit marocain et à renforcer la position compétitive du Maroc dans le marché international et ce, en étudiant les mesures propres à développer les industries de transformation des produits de la pêche et à améliorer leurs conditions de production, de distribution et de vente. La fédération mène chaque année un programme de promotion ambitieux à travers le monde pour développer les exportations des produits de la mer.

A.I. - La FENIP réunit l’ensemble des industries dédiées aux produits de la pêche et de l’aquaculture (congélation,  conserve, farines et huiles, algues). Quelles sont les celles qui bénéficient des conditions – de ressource, d’accessibilité et de demande – les plus favorables ?

H.S - La Zone Economique Exclusive marocaine se caractérise par une grande diversité des ressources halieutiques englobant près de 500 espèces dont 60 font l’objet d’une exploitation. Les petits pélagiques constituent l’essentiel de la ressource (+ de 80% des captures en volume) suivi des céphalopodes dans ces deux familles la sardine et le poulpe sont les espèces les plus abondantes. Le Royaume se place au premier rang des producteurs de poissons en Afrique et au 25ème rang à l’échelle mondiale. Il est aussi le premier exportateur mondial de sardines. La qualité du poisson marocain est appréciée dans le monde entier. Cela confère une image très positive des produits marocains à l’exportation. De ce fait les industries de transformation des produits de la mer au Maroc bénéficient de conditions favorables en termes de ressources et en particulier des poisson pélagiques, d'accessibilité et de demande.

A.I. - Quels sont celles dont le développement est jugé prioritaire pour l’économie ?

H.S - Toutes les industries de transformation doivent être développées et modernisées. Un effort important doit être fait pour la conception et le design de nouveaux types d’emballage pour la conserve et la semi-conserve pour en augmenter la valeur ajoutée et le potentiel commercial. Un effort encore plus important doit être fait au niveau de la conception de nouveaux produits pour mieux répondre aux attentes des consommateurs et permettre à l’industrie de monter dans la chaîne de valeur. Quelques entreprises se sont lancées dans ce processus de modernisation et d'innovation. Cependant, l'objectif de notre fédération et de généraliser cette tendance à toutes les entreprises du secteur.

A.I. - L’industrie de la semi conserve emploie aujourd’hui 6 000 personnes, auxquelles viennent s’ajouter 5 000 saisonniers. Quelles sont les espèces concernées par cette industrie et dans quelle mesure l’accord de pêche permettant à 11 pays de l’UE de pêcher dans les eaux marocaines impacte-t-il cette production ?

H.S - Le Maroc produit une espèce de poisson très appréciée et populaire dans le monde entier. Il s’agit de « l’Engraulis Encrasicolus » plus connue sous le nom d’anchois. Cette espèce qui est la plus utilisée dans les unités de semi-conserves au Maroc, est essentiellement traitée par salage, séchage et fumage. Cependant, ces unités, au nombre de 20, traitent également d’autres espèces comme les maquereaux, les poulpes, les seiches et les calamars.

FGSFGA.I. - Quels sont les principaux  bénéfices apportés aux industriels par la mise en œuvre du plan Halieutis 2020 ?

H.S - Le plan HALIEUTIS a réalisé d’importantes avancées en termes de préservation de la ressource à travers les plans d’aménagement des pêcheries auxquels les industriels se conforment consciencieusement. A cet effet, les transformateurs des produits de la mer, que nous sommes, ont ressentis une nette amélioration au niveau des approvisionnements. Toutefois,l’industrie de la pêche du Maroc recèle d’opportunités encore inexploitées et se confronte aujourd’hui à la nécessité de valoriser davantage sa ressource de base en favorisant le développement d’une gamme plus étendue de produits à forte valeur ajoutée. Pour encourager la diversification de la production du secteur des industries de la pêche, la profession, avec l’appui des pouvoirs publics, est appelée à mener une série d’actions dont il conviendrait de citer :

- L’Encouragement de la Recherche et Développement et l’innovation pour la fabrication de nouveaux produits ainsi que dans le domaine du design de nouveaux emballages pour les produits de la mer.

- Des incitations financières pour encourager les entreprises à investir dans la diversification de leur production. .

- La facilitation des procédures complexes et pénalisantes des contrôles sanitaires .

- L’amélioration de la qualité de la matière première livrée aux unités de transformation.

A.I. - La mise en œuvre d’une démarche d'éco labellisation destinée à garantir le maintien de la ressource halieutique a-t-elle un impact sur les volumes disponibles ?

H.S - Les démarches d'écolabellisation visent le maintien du potentiel halieutique et la protection de l'environnement. L'écolabellisation constitue également une exigence des consommateurs du fait du développement de par le monde et en particulier dans l'UE de la conscience environnementale.

A.I. - De quels soutiens bénéficient vos actions de valorisation et de promotion –locale et internationale - ?

H.S - Nos actions bénéficient d'un soutien local à  travers le Ministère de l'Agriculture et de la Pêche Maritime et à travers le Ministère chargé du Commerce Extérieur. Notre fédération a bénéficié par le passé d'un programme d'appui financé par l'UE. Deux programmes sont actuellement en cours de réalisation: Un Plan de modernisation des Industries de la Pêche financé par la France et le Programme de développement des exportations pour la création de l'emploi financé par le programme EDEC.

A.I. - L’Association Marocaine des Exportateurs – l’ASMEX – joue un rôle important dans la valorisation et l’accompagnement des produits marocains à l’international. Quel ensemble de services apporte-t-elle aux producteurs désireux de s’imposer sur les marchés extérieurs ? Leur proposez-vous par exemple des outils d’analyse des attentes des marchés leur permettant de définir leurs orientations stratégiques industrielles et technologiques ?

H.S - L’ASMEX est une Association qui a été créée en 1982. Elle est l’unique association à caractère horizontal dans le domaine du commerce extérieur au Maroc. Sa mission est claire : représenter et promouvoir la fonction et le rôle des exportateurs marocains en œuvrant à défendre leurs intérêts, à élargir leurs débouchés, les assister dans le développement de leurs compétences et promouvoir l’investissement et le partenariat multiforme avec les opérateurs étrangers. Elle fédère le maximum d’intervenants aux plans institutionnel, professionnel, sectoriel et régional du commerce extérieur pour mener des actions synergiques. 

L’ASMEX a toujours été une force de propositions sur toutes les questions de l’exportation. Elle est à la base de la création de plusieurs Institutions ou organismes (Ministère du commerce extérieur, Conseil National du Commerce Extérieur,…). De même qu’elle a été initiatrice avec le Ministère chargé du commerce extérieur des Plans Export 1 et 2, de la Vision pour la promotion des exportations qui s’est transformée ensuite en stratégie Maroc Export Plus. L’année qui s’est achevée a connu le lancement d’une série d’actions qui ont permis de mobiliser plus de 3000 exportateurs autour de thématiques d’actualité.

Des débats sur les opportunités et les défis en Afrique dans le cadre des ASMEX-DAYS; sur la logistique, la réglementation des changes, les contrats de croissance à l’export, l’approche des marches ont été organisés au cours de l’année 2015. L’ASMEX aussi, à travers ses commissions offre des plateformes d’échange d’expérience et de know how entre les opérateurs confirmés sur des marches cibles et ceux qui veulent s’y lancer pour la première fois.

sardinierSur un autre volet et dans le cadre de l’accompagnement des TPE et PME porteuses de projets à l’export, l’ASMEX a lancé en partenariat avec le Ministère du commerce extérieur et le concours du Centre de Commerce International, l’Accélérateur de Commerce International. Cet outil, offre aux entreprises concernées des formations, du coaching spécialisé pour qu’elles deviennent exportateurs réguliers dans le future. Un autre projet structurant verra son lancement au cours de l’année 2016 concerne une exposition virtuelle des produits et services. En effet, pour compléter le travail colossal que mènent Maroc Export et l’EACCE, cette plateforme virtuelle permettra aux entreprises exportatrices d’exposer leurs produits et services qui seront consultés 24/24 et 7/7. Ceci favorisera les PME et TPE notamment qui pour des raisons budgétaires ne peuvent pas être présentes tout le temps dans le salons internationaux d’assurer une visibilité au niveau international.

Ce sont là en résumé quelques actions que l’ASMEX mène pour accompagner les exportateurs dans le développement de leurs stratégies de consolidation de leurs positions sur leurs marchés traditionnels et de pénétration de nouveaux marchés.

A.I. - Que représente la contributions de l’ensemble des industries de la FENIP dans le PIB du Royaume, ainsi qu’en termes d’emplois ? 

H.S - Le secteur des industries de la pêche occupe une place importante dans l’économie du Maroc. Avec des captures atteignant plus d’un million de tonnes, il représente entre 2 et 3% du PIB, et génère près de 660.000 emplois directs et indirects. Les exportations marocaines des produits de la mer ont enregistré près de 1,59 milliard de dollars, contribuant ainsi pour 58% aux exportations agroalimentaires. Le chiffre d’affaires du secteur connaît une croissance annuelle moyenne de 5% depuis 2001.

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