28 May 2018

Dr. -Ing. Hermann Garbers Président de VDMA

Dr. -Ing. Hermann Garbers Président de VDMA Dr. -Ing. Hermann Garbers Président de VDMA
Publié dans Agroéquipement
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La VDMA Landtechnik rassemble 160 constructeurs allemands de machines agricoles employant près de 29.000 employés permanents  et représente plus de 90 pour cent des ventes de l'industrie en Allemagne.  Son Président, Dr. -Ing. Hermann Garbers, confirme les  bonnes perspectives du marché des agroéquipements, notamment grâce à la tendance à l’internationalisation des sites de production, qui constitue  un atout  pour toute la branche de l’agroéquipement, la production sur site offrant d’énormes avantages pour le développement de solutions durables et flexibles correspondant aux attentes des clients.

Agriculture Internationale - Vous avez salué l’engagement qu’a pris la Commission européenne de porter à 20 % la part de l’industrie d’ici à 2020, tout en soulignant que Bruxelles devait d’abord « fournir et créer les conditions propices à la ré-industrialisation ». Quelles sont selon vous ces conditions ?

Dr Ing Hermann GarbersDr Ing Hermann GarbersDr. -Ing. Hermann Garbers - Que Bruxelles ait redécouvert depuis peu l’industrie est extrêmement réjouissant. Cette étape était toutefois attendue depuis longtemps, car une industrie forte est un point d’ancrage irremplaçable pour les économies européennes ! Mais il est désormais nécessaire que ces intentions se traduisent par des actes, qui nous permettront d’avancer concrètement. Lorsque l’on aspire à porter la part de l’industrie à 20 %, il faut créer les conditions d’y parvenir. Il est donc nécessaire d’adopter une stratégie d’expansion claire, grâce à laquelle nous pourrons introduire des approches efficaces et supprimer suffisamment tôt celles qui ne le sont pas.

Nous attendons donc qu’un signal politique clair soit envoyé aux marchés libres du monde entier, afin de pouvoir également garantir une concurrence de marché équitable à l’échelle internationale. En effet, le cloisonnement sous forme de barrières tarifaires et non tarifaires porte non seulement préjudice au développement industriel de l’Union européenne, mais également aux gens sur place. Enfin, nos machines, nos appareils et nos processus contribuent grandement à résoudre les grandes questions d’avenir que sont l’alimentation mondiale, la sécurité énergétique et la lutte contre le changement climatique. Il est tout aussi important que des décisions soient transposées dans la législation technique.

Ainsi, il est nécessaire que les débats actuels sur les émissions de CO2 soulignent, beaucoup plus clairement que cela n’a été fait jusqu’à présent, combien notre industrie s’implique activement dans ce domaine depuis des années. La consommation des moteurs de machines agricoles et de tracteurs représente aujourd’hui moins de 4 % de la consommation totale de carburant en Allemagne, ne formant qu’une part très réduite des émissions de CO2.

Il convient par ailleurs de rappeler que nous avons consacré près de 60 à 70 % de nos budgets de recherche et de développement, au cours des dernières années, à la seule norme sur les gaz d’échappement Stage III B.  À cet égard, la politique doit agir avec toute la mesure nécessaire, si elle veut préserver à l’avenir la capacité d’innovation d’une branche solide. Il en va de même pour de possibles démarches concernant la directive sur l’éco-conception. La durabilité agricole ne pourra être réellement quantifiable que si considérons le processus dans son ensemble.

A.I. - Les représentants français de l’agroéquipement se montrent satisfaits de la situation du secteur en 2012 et pronostiquent une poursuite de ces bons résultats pour 2013. Partagez-vous ce sentiment pour ce qui concerne la situation de machinisme agricole allemand ?  

H.G. - Si l’on considère la taille des marchés domestiques et la forte orientation à l’exportation, les fabricants allemands et français d’agroéquipements partagent de nombreuses similitudes. Selon la consultation d’experts actuelle réalisée par le CEMA, les deux marchés obtiennent de bonnes notes pour ce qui est des perspectives d'avenir. Les fabricants d’agroéquipements allemands et français peuvent ainsi s’attendre à une bonne marche des affaires pour le début de l’année 2013. Cela est également lié à l’évolution positive prévue sur le marché d'Europe centrale et orientale. Les faits mesurables laissent également présager un excellent début d’année : le carnet de commandes des fabricants allemands se situe actuellement à 10 % au-dessus du niveau de l’année précédente.

A.I. - Jadis, la réputation d’une machine agricole s’établissait sur sa solidité, gage de fiabilité. Aujourd’hui, c’est son caractère innovant qui est privilégié. L’hyper sophistication des machines ne pourrait-elle à terme freiner le développement de ce secteur, en le confinant aux marchés les mieux valorisés ?
VDMA Landtechnik

H.G. - La réputation d’un fabricant d’agroéquipements, et donc son acceptation sur le marché, dépend de plusieurs facteurs : la résistance et la fiabilité du matériel jouent, depuis toujours, un rôle particulièrement important. Rien n’a changé dans ce domaine au cours des dernières années. Il en va de même pour le service. Une qualité de premier ordre et une prise en charge sur site sont toujours les meilleurs garants de relations commerciales pérennes.

L’innovation et la haute technologie sont naturellement au centre des préoccupations de l’agriculture hautement productive, telle que nous la connaissons en Europe de l’Ouest. Mais l’innovation n’est en aucun cas un but en soi, bien au contraire : une gestion efficace avec un facteur de production « sol » limité requiert des technologies intelligentes extrêmement récentes, surtout au vu de nos objectifs ambitieux de développement durable !

Mais cela ne signifie pas que les marchés, qui misent sur des technologies adaptées, restent en marge. En effet, les fabricants d’agroéquipements représentés au sein de VDMA tablent sur des solutions spécifiques aux sites. Cela signifie concrètement que le niveau de technologie doit correspondre aux conditions agricoles ainsi qu’aux exigences de l’entreprise sur place. Ainsi, des tracteurs de 25 CV conviendront parfaitement à l’agriculture indienne caractérisée par des petites parcelles, alors qu’une exploitation de 2000 hectares située en Allemagne de l’Est aura plutôt recours à un tracteur de 350 CV. C’est justement pour cette raison que nous misons également sur la proximité avec le marché au sein de la production. C’est la seule manière de pouvoir proposer une technologie adaptée aux besoins et aux exigences des différentes régions.

A.I. - Dans la situation actuelle de changements climatiques, de mondialisation des marchés et de grande volatilité des matières premières agricoles, quels axes stratégiques de développement devraient selon vous adopter les constructeurs européens d’agroéquipements ?

H.G. - Les constructeurs européens d’agroéquipements évoluent depuis quelques années sur une pente ascendante, qui nous laisse tous envisager l’avenir avec optimisme. Cela vaut aussi bien pour les grands groupes que pour les spécialistes de plus petite taille. Étant donné que l’agriculture continuera de gagner en importance dans le monde au cours des années à venir, il est indispensable de mettre en place des stratégies fondées. Naturellement, l’orientation stratégique est une question de conduite et il n’existe aucune recette magique pour y parvenir. Il n’en demeure pas moins que la tendance à l’internationalisation des sites de production est déjà tangible, ce qui est une grande chance pour toute la branche de l’agroéquipement. La production sur site offre par ailleurs d’énormes avantages pour le développement de solutions durables et flexibles correspondant aux attentes des clients.

Un autre sujet concerne les technologies efficaces en termes de ressources, de la production aux produits. Le développement durable est l’une des grandes priorités de l’industrie allemande de l’agroéquipement. Côté client, de bonnes qualités de processus alliées à des puissances élevées sont naturellement attendues. L’utilisation de l’électronique va continuer à augmenter sur les marchés qui misent sur la haute technologie : c’est l’efficacité, déjà évoquée, du processus global qui sera au cœur des préoccupations à moyen terme et non plus la machine isolée. L’internationalisation croissante de l’agroéquipement offre également l’avantage de pouvoir mieux compenser les fluctuations régionales du marché.

A.I. - Quels sont aujourd’hui les objectifs de VDMA Landtechnik et sur quels aspects de votre activité allez-vous faire prioritairement porter vos efforts ?

H.G. - VDMA Landtechnik offre à ses membres une offre de prestations couvrant trois piliers : des prestations de service, un réseau et la représentation de leurs intérêts. Dans chacun de ces domaines, nous agissons dans l’intérêt de nos membres au niveau national, européen et mondial grâce à divers projets et activités. Notre préoccupation majeure est d’organiser la collaboration de la branche au-delà des frontières de l’entreprise et d’apporter une utilité avérée à toutes les personnes impliquées. Plus de 160 entreprises membres satisfaites montrent que nous respectons notre engagement. Sur ce point, la coopération internationale au niveau européen est également cruciale. Aussi nous engageons-nous avec nos partenaires, dans le cadre de l’organisation faîtière européenne CEMA, en faveur de conditions-cadres politiques et économiques durables au niveau de l’Union européenne.

Les décisions traitées à l’échelle internationale se multiplient. En matière de CO2, nous avons pu participer activement aux débats organisés à Bruxelles cette année. Nous avons, en effet, pu nous mettre d’accord sur une stratégie ciblée en matière d’émissions de CO2 au niveau du CEMA. Un concept concret pour une législation alternative est en cours d’élaboration et doit être présenté au législateur européen au début de l’année 2013. D’autres objectifs importants concernent l’électronique, véritable perspective d’avenir. Le VDMA a reconnu très tôt l’importance de ce thème et dispose, avec Agricultural Industry Electronics Foundation (AEF) et son excellent réseau international, d’une solide structure technique, qui achèvera dès l’année prochaine d’importants projets sur la comptabilité entre tracteur et équipement.

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