22 Jul 2018
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Publié dans Agroéquipement
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Pour l’AXEMA le futur c’est aujourd’hui. Permettre à l’agriculture française  de répondre aux enjeux du futur tout en favorisant le développement à l’international des industriels de l’agrofourniture, tels sont quelques-uns des chantiers ouverts par Frédéric Martin, président de l’Axema. Ecoute attentive et soutien des utilisateurs, aide à l’intégration des technologies innovantes figurent notamment parmi les outils et moyens que l’Axema entend déployer dans ce sens.

F-MartinAgriculture Internationale - Frédéric Martin, vous avez été élu Président d’AXEMA au cours de la Biennale AXEMA en Avril dernier. Quelle est votre feuille de route pour AXEMA ?

Frédéric Martin - En 2016, les membres du conseil d’administration ont mené une profonde réflexion sur la raison d’être d’AXEMA, son projet et le sens à donner aux actions menées. A l’occasion d’un séminaire stratégique, cinq enjeux majeurs ont été identifiés pour la filière des agroéquipements. Le nouveau bureau d’AXEMA, que je préside, se mobilise ainsi aussi bien en interne qu’en externe pour :

- Préparer l’agriculture de demain, par une vision prospective.
- Encourager l’innovation : accompagner les adhérents dans la transformation (numérique, big data, robotique, etc.) du monde agricole.
- Renforcer les compétences disponibles adaptées aux enjeux de demain.
- Rendre la filière visible et efficiente par la mise en place d’un Comité Stratégique de Filière.
- Redonner du sens à la parole des adhérents.

Aujourd’hui, ce sont ces 5 enjeux qui nous ont permis de définir collégialement notre nouveau cadre stratégique, avec 4 objectifs majeurs :

- Asseoir la position de la France sur les marchés internationaux et participer à construire l’avenir des agroéquipements et de l’agroenvironnement pour une agriculture pérenne et un aménagement responsable des territoires.
- Soutenir les industriels français dans leur développement à l’export.
- Soutenir le développement des implantations d’industriels sur le territoire français.
- Sensibiliser et interpeller les pouvoirs publics afin qu’ils mesurent la nécessité de renforcer les liens avec les industriels français et internationaux.

A.I. - Le CEMA a récemment confirmé les baisses significatives des ventes de machines agricoles au premier trimestre 2017 et n’a pas perçu de signes d’améliorations. Comment AXEMA analyse-t-elle cette mauvaise conjoncture et quels types de réponses – en termes d’approches commerciales ou techniques – peut-elle proposer ?

F.M. - AXEMA anticipe, pour le marché français, une évolution positive, après avoir enregistré en 2016 un chiffre d’affaires pour le marché français de 5 milliards d’euros. La France est le 3ème pays producteur d’agroéquipements en Europe derrière l’Allemagne et l’Italie. En très forte croissance jusqu’en 2013, la fabrication de machines agricoles connaît depuis un recul marqué sur les trois dernières années. Si l’indicateur de tendance du CEMA remonte significativement depuis le début de l’année, il faudra attendre le deuxième semestre pour constater une amélioration par rapport à 2016. En volume, la fabrication de machines agricoles a baissé en moyenne de 5% sur l’année 2016 après un recul de -9% en 2015. Le chiffre d’affaires (marché français et export) de la fabrication de machines agricoles et forestières a augmenté de 10,6 % en mai 2017 par rapport à mai 2016. Pour poursuivre le redressement du marché français et conforter la position de la France en Europe, les acteurs des agroéquipements et de l’agroenvironnement doivent s’appuyer sur deux stratégies complémentaires, avec le soutien des pouvoirs publics.

1. Soutenir les industriels français dans leur développement à l’export. Le marché français étant désormais un marché essentiellement animé par les renouvellements d’équipements, les industriels français des agroéquipements et de l’agroenvironnement renforcent leurs actions à l’export pour se développer. En 2016, les industriels présents sur le territoire français ont exporté 2,9 milliards d’euros de matériels, en progression de 3,3% par rapport à 2015.

2. Faciliter l’intégration des technologies de pointe pour atteindre les objectifs assignés à l’agriculture à savoir « produire plus et mieux ». Avec la modernisation des outils de production, la capacité et la vitesse de travail sont augmentées. Cela répond aux objectifs d’amélioration de la qualité de vie des exploitants et d’une agriculture plus respectueuse des ressources naturelles.

A.I. - Quelle place occupe selon vous dans ces baisses de ventes le manque de visibilité des producteurs, touchés à la fois par une situation climatique particulièrement défavorable et une volatilité des marchés de plus en plus imprévisible ?

F.M. - Les aléas climatiques sont, par nature complexes à prévoir. Ils peuvent déstabiliser les exploitations, même si des mécanismes de solidarités sont développés par les pouvoirs publics. Le risque est toutefois que les changements climatiques augmentent la récurrence de ces événements. Il convient d’essayer de le réduire et de les prévenir. La première solution suppose des actions de longs termes qui pèsent sur les mutations climatiques. Pour la seconde, les nouvelles technologies et notamment les outils numériques et connectés peuvent-être un recours.

Nous faisons un constat, la situation financière des exploitations françaises ne s’est pas améliorée. Une étude de 2013, FNSEA-IFOP, montrait que la part d'exploitations ayant vu leur situation financière se dégrader ne cessait de s'accroître : 35% d’entre eux des personnes interrogées estimaient ressentir une détérioration de leur situation économique, contre 21 % en juin 2012. De ce que nous disent les exploitants, cette situation ne s’inverse pas. Ils sont naturellement victimes d’une forme de concurrence européenne qui repose sur des contraintes législatives et fiscales plus faibles.

Au-delà des réformes fiscales annoncées l’un des enjeux réside dans la capacité de nos exploitations à accroître plus fortement leur productivité. La question n’est pas uniquement de plus produire, mais de produire mieux et à des coûts plus faibles. Cela suppose de réduire les cotisations sociales, mais aussi d’encourager la modernisation des exploitations. Or, le Gouvernement précédent a mis un terme au suramortissement qui permettait d’encourager l’acquisition de machines qui jouaient précisément ce rôle.

A.I. - De quels moyens dispose AXEMA pour soutenir durablement les marchés qu’elle représente, afin de permettre à la fois à l’industrie et aux utilisateurs d’agroéquipements de surmonter ce contexte difficile ?

F.M. - La France bénéficie d’atouts importants pour conduire les industriels français et internationaux à poursuivent leurs implantations en France en vue de servir les marchés européens. Elle est déjà particulièrement présente sur les marchés des équipements de travail du sol avec près de 34% de parts de marché en Europe en 2015, les matériels de transport et de manutention (24% du marché européen), les matériels d’élevage (18% du marché européen) et les tracteurs agricoles (17% du marché européen). Elle est aussi reconnue pour la qualité de ses formations, sa capacité d’innovation et sa capacité d’accompagnement pour l’implantation de nouveaux sites industriels accompagnés de ses plateaux techniques et d’essais.

Nous concentrons des moyens importants pour le soutien à l’export des productions françaises. De nombreuses missions sont organisées en collaboration avec Business France. En juillet dernier, par exemple, AXEMA a amené les industriels à Cuba dans le cadre d’un appel d’offre pour la rénovation de la filière bovin lait et culture fourragère associée. Cette mission s’est poursuivie au Mexique dans l’Etat de Jalisco, 1er Etat producteur laitier et gros producteur de maïs, afin de visiter des exploitations végétales et animales, des constructeurs locaux et des importateurs.

Nous accompagnons aussi régulièrement les industriels français sur des marchés agricoles à potentiel et facilitons la mise en relation avec des opérateurs clés (importateurs, constructeurs, donneurs d’ordre). Au mois de juillet 2016, en partenariat avec l’ADEPTA et l'Ambassade de France à Khartoum, AXEMA et la Sudanese Businessmen and Employers' Federation, ont organisé une rencontre entre industriels soudanais et français dans les domaines agricole et agroalimentaire.

A.I. - Pourtant, si la France représente le premier marché européen pour les ventes d’agroéquipements, elle n’en est que le 5ème exportateur mondial. AXEMA envisage-t-elle de dynamiser ce « made in France », qui fait flores dans d’autres domaines de l’agriculture ?

F.M. - C’est effectivement l’une de nos priorités. La France est reconnue à l’étranger pour être une terre agricole qui associe savoir-faire et modernité. L’agroéquipement y contribue. Une part importante de notre production est vendue à l’export et de ce fait, nos entreprises contribuent à améliorer la balance commerciale. Il faut néanmoins amplifier le mouvement. Nous le faisons en soutenant en France l’implantation et le développement des producteurs d’agroéquipement. Pour preuve les implantations se poursuivent, avec comme récent exemple celui de l’entreprise KUBOTA. Les salons SIMA sont aussi l’occasion de soutenir l’export de matériels français.

Nos entreprises doivent être soutenues pour continuer à innover, afin d’anticiper les besoins des exploitants et leur offrir des solutions pertinentes. Dans le contexte économique actuel la le soutien des pouvoirs publics à l’investissement est une condition. Pour mieux valoriser la filière, il est important d’objectiver l’apport des agroéquipements à la transition agroécologique.

Cette dernière est une priorité qui, dans la configuration actuelle du gouvernement, associe les questions écologiques et sociales. Les agroéquipements, parce qu’ils renforcent la compétitivité des entreprises, allègent les conditions de travail et permettent de diminuer le recours aux intrants, peuvent jouer un rôle central. Les exploitations changent : agrandissement des surfaces, diminution du temps de main d’œuvre disponible. Les mentalités évoluent et les agroéquipements peuvent contribuer à faire émerger une dimension agroécologique de l’Agriculture. AXEMA favorise également l’acquisition des matériels certifiés éco-épandage. En effet, l’Eco-épandage est un projet inédit dans le machinisme agricole. Il constitue la première certification environnementale du secteur portant sur un bien d’équipement.

A.I. - Pour conclure, quels sont les projets en cours au sein d’AXEMA ?

F.M. - Aujourd’hui, les agroéquipements et notre filière souffrent d’une forme de méconnaissance. Négligés par le ministère en charge de l’industrie qui les considèrent comme des équipements agricoles et parfois oubliés par l’agriculture qui les considèrent comme des machines, nous sommes dans un entre-deux qui rend opaque notre image. C’est pourtant une filière créatrice de valeurs économiques et sociétales et pourvoyeuse d’emplois. 

Nous développons des travaux collaboratifs autour de la robotique en agriculture. La plateforme nationale RobAgri rassemble toutes les parties prenantes pour lever les freins sociétaux, réglementaires, scientifiques et techniques à son développement dans tous les domaines agricoles, des productions animales aux productions végétales. Financée par un le 2ème programme investissements d’avenir (PIA2), RobAgri est animée par AXEMA et IRSTEA (Institut national de recherche en sciences et technologies pour l’environnement et l’agriculture).

Par ailleurs, AXEMA poursuit le développement des salons SIMA (Mondial des fournisseurs de l’Agriculture et de l’Elevage) et SITEVI (Salon International des équipements et savoir-faire pour les productions vigne-vin, olive, fruits-légumes) avec le groupe Comexposium. Ces salons et leurs différentes éditions en Algérie ou en Thaïlande constituent une vitrine qui permet à de nombreux constructeurs de s’ouvrir à de nouveaux marchés export. La prochaine édition du SIMA ASEAN se déroulera du 7 au 9 septembre à Bangkok. Ce salon référence l’offre française et internationale en Agroéquipement. Dans un pays encore peu mécanisé, le visiteur y retrouvera les dernières innovations et technologies au service de l’Agriculture. La 2ème édition du SIPSA SIMA (salon professionnel dédié à l’élevage et l’agroéquipement en Afrique) aura lieu du 10 au 13 octobre 2017 au Palais des Expositions SAFEX, Alger, Algérie. Le SIPSA-SIMA présentera une offre complète pour répondre à toutes les filières.

Site Internet : http://www.axema.fr

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