15 Nov 2018

Peter Bleser un soutien de poids pour l’agroalimentaire.

Secrétaire d’État parlementaire auprès du ministère fédéral de l’alimentation, de l’agriculture et de la protection des consommateurs allemande. Secrétaire d’État parlementaire auprès du ministère fédéral de l’alimentation, de l’agriculture et de la protection des consommateurs allemande.
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Peter Bleser, Secrétaire d’État parlementaire auprès du ministère fédéral de l’alimentation, de l’agriculture et de la protection des consommateurs, s’appuie sur son expérience d’agriculteur pour soutenir la promotion des entreprises de transformation et de commercialisation des productions agricoles allemandes. Il s’attache parallèlement à promouvoir leur exportation afin de conquérir et pérenniser de nouveaux marchés à l’étranger.

Agriculture Internationale - Quel est votre rôle au sein du Ministère fédéral, de quels moyens - techniques et administratifs - disposez-vous et quels sont vos principaux objectifs ?

Peter Bleser - En tant que secrétaire d’État parlementaire, je fais aussi bien partie du gouvernement que du parlement. Ma tâche est de conseiller et de soutenir Madame la Ministre fédérale Ilse Aigner dans l’accomplissement de ses obligations gouvernementales en tant que membre de la direction ministérielle et de la représenter lors de réunions ou de voyages importants. Je suis également chargé de représenter la politique du gouvernement au Parlement et dans les commissions. Je suis soutenu dans cette tâche par mon propre cabinet, qui me permet d’accéder à l’expertise du ministère.

En tant qu’agriculteur, les principes de durabilité me tiennent particulièrement à cœur. Depuis toujours, l’agriculteur pense aux générations suivantes. Dans le contexte de la mondialisation et de la croissance démographique, mon objectif personnel est de promouvoir le développement d’une agriculture durable et compétitive, mais aussi productive et moderne, en Allemagne et en Europe. Cela inclut également la protection des animaux et de l’environnement. En outre, nos connaissances et notre remarquable savoir-faire technique nous permettent de contribuer dans une large mesure à la modernisation dans d’autres pays. Nous devons introduire des mesures afin que les jeunes continuent d’avoir des perspectives d’avenir dans les zones rurales. C’est la seule manière de surmonter les défis posés par le changement démographique.

A.I. - Votre expertise en matière de productions agricoles constitue-t-elle un atout significatif lors des négociations que vous pouvez avoir à mener ?

P.B. - Bien entendu, il est utile de pouvoir s’appuyer sur ses propres expériences pendant les négociations. J’ai repris l’exploitation agricole de mes parents à l’âge de 16 ans. J’ai donc appris très tôt à assumer des responsabilités. Ma longue expérience de membre du conseil de surveillance d’une banque coopérative et d’une grande coopérative commerciale ainsi que mon expérience de député et de président du groupe de travail sur l’alimentation, l’agriculture et la protection des consommateurs constituent également un atout pour la mise en œuvre de directives politiques. Tout cela, combiné à l’expertise du ministère, me permet de participer aux négociations en étant bien préparé.

A.I. - Sur quels éléments déterminants repose la stratégie de votre Ministère dans l’accompagnement et le soutien de vos propres productions agroalimentaires ?

P.B. - De manière générale, nous promouvons et soutenons l’exportation, les investissements, la diversification et le conseil. Pour ce faire, l’État fédéral et les régions travaillent en étroite collaboration. Le ministère fédéral de l’alimentation, de l’agriculture et de la protection des consommateurs aide les entreprises de l’agro-industrie à conquérir et pérenniser de nouveaux marchés à l’étranger. Le ministère entend ainsi contribuer à la création et au maintien des emplois, notamment dans les zones rurales. La promotion des entreprises de transformation, de la commercialisation, des groupements de producteurs ainsi que des investissements effectués par les exploitations agricoles est mise en œuvre dans le cadre de la tâche d’intérêt communautaire de l’État fédéral et des régions appelée «Amélioration des structures agricoles», un programme effectué en cofinancement avec l’Union européenne.

A.I. - Vers quels pays l’Allemagne exporte-t-elle ses productions agroalimentaires et quel est le poids de la logistique dans ces choix de destinations ?

P.B. - 80 % des biens agricoles et agroalimentaires exportés à l’étranger sont destinés à l’Union européenne. Pour ce qui est des exportations vers l’Union européenne, les Pays-Bas constituent le principal marché d’exportation de l’Allemagne, suivis de la France et de l’Italie. La Russie, la Suisse et les États-Unis représentent la plus grande part des exportations vers les pays tiers. Ainsi, chaque entreprise choisit ses destinations d’exportation sur la base des structures de coûts spécifiques à l’entreprise, en fonction du montant de bénéfices à réaliser. Les coûts logistiques ne représentent qu’une partie des calculs de coûts spécifiques à l’entreprise.

A.I. - Votre proximité géographique avec plusieurs importants marchés émergents favorise-t-elle de façon significative vos exportations ?

P.B. - L’Allemagne exporte majoritairement des produits de qualité hautement valorisés avec des prix au tonnage relativement élevés, comme de la viande porcine et du fromage et non des céréales fourragères. Les coûts logistiques ne sont donc pas déterminants dans le calcul global des coûts et l’éloignement géographique par rapport aux pays émergents a moins d’incidence que d’autres postes de dépenses.

A.I. - Sur quels critères objectifs basez-vous vos choix d’importations de produits agroalimentaires et quels types de produits privilégiez-vous ?

P.B. - Le développement de l’industrie agroalimentaire allemande est principalement dû à l’environnement proconcurrentiel et l’absence d’interventions politiques significatives sur les marchés. Cela vaut également pour les importations de produits alimentaires, dont le développement n’est pas la conséquence de décisions publiques. Il devrait en être ainsi à l’avenir également.

A.I. - Quel est aujourd’hui le poids du secteur agroalimentaire dans l’économie allemande et comment envisagez-vous raisonnablement son avenir ?

P.B. - En Allemagne, l’industrie agroalimentaire (producteurs de boissons et d’aliments y compris ceux pour les animaux) compte parmi les branches les plus importantes de l’industrie de transformation. En 2011, elle occupait le quatrième rang des branches de l’industrie de transformation avec près de 550 000 emplois et même le troisième rang en termes de chiffre d’affaires avec un résultat d’env. 163 milliards d’euros.

Si l’on considère l’ensemble de la chaîne alimentaire, agriculture et pêche incluses, ainsi que les secteurs économiques situés en amont et en aval, ce secteur revêt une importance encore plus grande. En 2010, près de 4,8 millions de personnes étaient employées dans ce secteur, ce qui correspond à un emploi sur huit en Allemagne. L’agroalimentaire est un secteur relativement stable et sûr de ne pas être touché par la crise. En outre, l’Allemagne n’enregistrera pas de taux de croissance élevé dans les prochaines années en raison de la stagnation démographique.

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